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Volatus V-Cortex

Volatus V-Cortex réussit ses premiers essais en vol sans GNSS à l’approche des livraisons de drones au Canada

Volatus Aerospace a réalisé les premiers essais en vol de son contrôleur de vol à intelligence artificielle V-Cortex et de son système d’exploitation d’autonomie, démontrant qu’un aéronef équipé de cette plateforme développée au Canada peut maintenir son vol sans GNSS, sans capteurs de navigation externes et sans système externe de calcul haute performance.

L’essai du 22 septembre fait passer V-Cortex du stade de programme de développement à celui d’une démonstration réelle en vol, à un moment important pour Volatus. Moins de deux semaines auparavant, l’entreprise avait annoncé un contrat avec le gouvernement canadien portant sur une première commande de 100 systèmes aériens sans pilote tactiques à faible coût destinés au renseignement, à la surveillance et à la reconnaissance, avec des options pouvant porter l’acquisition totale à 5 000 systèmes.

Ce calendrier donne à cette technologie une portée plus importante que celle d’un simple projet expérimental d’autonomie. Volatus cherche simultanément à établir une capacité nationale de production de drones militaires et à développer en interne une part plus importante des technologies de contrôle de vol intégrées à ces aéronefs.

V-Cortex vole sans GNSS

Lors des premiers essais, V-Cortex a maintenu le vol en utilisant les capteurs standard embarqués de l’aéronef plutôt que le GNSS ou du matériel de navigation externe supplémentaire. Volatus précise que la démonstration a été réalisée sans capteurs visuels.

Cette distinction est importante.

De nombreux systèmes de navigation sans GNSS compensent la perte du positionnement par satellite en ajoutant des caméras, du LiDAR, des capteurs inertiels spécialisés, des bases de données de terrain ou une importante puissance de calcul embarquée. Ces approches peuvent être efficaces, mais elles augmentent le poids, la consommation d’énergie, le coût et la complexité du système.

V-Cortex tente une approche différente : intégrer le contrôle de vol et la prise de décision autonome dans une architecture informatique commune de très petite taille pouvant fonctionner sur différents types d’aéronefs.

Lorsque Volatus a présenté la plateforme au salon CANSEC 2026 en mai, l’entreprise a indiqué que le matériel V-Cortex mesurait environ 3,5 x 3,5 centimètres et pesait moins de 15 grammes. La plateforme repose sur une architecture modulaire ouverte, ou MOSA, permettant d’intégrer des capteurs, des charges utiles, des fonctions d’autonomie et des systèmes tiers sans devoir repenser l’ensemble de l’architecture de contrôle de vol.

Pourquoi le vol sans GNSS est important

La capacité à fonctionner sans navigation par satellite est devenue l’une des exigences les plus importantes pour les UAS militaires.

Le GNSS fournit aux drones des informations très précises sur la position, la vitesse et le temps, mais les signaux radio transmis par les satellites de navigation sont extrêmement faibles lorsqu’ils atteignent un aéronef. Ils sont donc vulnérables au brouillage intentionnel et potentiellement au spoofing, une technique consistant à envoyer de faux signaux de navigation afin de pousser un récepteur à calculer une position erronée.

Retirer le GNSS de la boucle de navigation modifie donc le mode de défaillance de l’aéronef. Un brouilleur ne peut plus simplement neutraliser la principale source de positionnement du drone et s’attendre à rendre la plateforme inutilisable.

Cette capacité présente également des applications en dehors des zones de combat. Les signaux satellitaires peuvent devenir peu fiables à proximité de structures denses, d’infrastructures, dans des environnements intérieurs et lors d’opérations à haute latitude. Volatus cite notamment l’Arctique canadien comme l’un des environnements visés par cette technologie.

Ce que l’essai ne prouve pas encore

Ces premiers vols sont techniquement significatifs, mais ils ne doivent pas être confondus avec une qualification opérationnelle.

Volatus n’a pas communiqué la distance parcourue sans GNSS, la durée du vol, l’erreur de position cumulée, le taux de dérive de navigation, les conditions environnementales, la vitesse de l’aéronef, la répétabilité sur plusieurs vols ni les performances après des interruptions prolongées du GNSS.

Ces chiffres auront à terme plus d’importance que le simple fait que l’aéronef soit resté en vol contrôlé.

Un système sans GNSS capable de naviguer avec précision pendant plusieurs minutes est utile. Un système capable de conserver une précision suffisante pour la mission sur de longues distances a une valeur nettement supérieure. Les performances face au spoofing, à la dégradation des capteurs, aux vibrations, au vent, aux températures extrêmes et aux variations rapides de la dynamique de vol détermineront également dans quelle mesure cette architecture pourra être déployée.

Volatus indique que des essais en vol supplémentaires et des démonstrations de capacités se poursuivront tout au long de 2026 à mesure que V-Cortex se rapprochera d’un déploiement opérationnel.

Une seule architecture d’autonomie pour plusieurs drones

L’architecture qui se trouve derrière cette démonstration est potentiellement encore plus importante que l’essai lui-même.

V-Cortex est conçu comme une couche d’autonomie indépendante de la plateforme, plutôt que comme un contrôleur de vol développé exclusivement pour un seul aéronef. Volatus prévoit d’intégrer cette technologie à ses propres appareils V-Series et à sa plateforme Condor, tout en rendant l’architecture compatible avec d’autres systèmes sans pilote.

Cela pourrait donner à l’entreprise une position différente dans la chaîne d’approvisionnement des drones.

Les cellules d’aéronefs peuvent être remplacées relativement facilement. Une architecture d’autonomie mature, intégrée aux capteurs, aux logiciels de mission, aux charges utiles, aux systèmes de contrôle au sol et aux procédures opérationnelles, est beaucoup plus difficile à remplacer.

Si V-Cortex finit par fonctionner sur plusieurs catégories d’aéronefs, Volatus pourra réutiliser le même logiciel de base et la même architecture de contrôle de vol au lieu de développer un système d’autonomie distinct pour chaque drone.

C’est là que, selon moi, se trouve la véritable valeur technique de V-Cortex. Le vol sans GNSS attire l’attention, mais une couche d’autonomie légère et réutilisable pourrait être encore plus importante sur le plan commercial. Elle pourrait faire évoluer Volatus d’un fabricant de drones et fournisseur de services vers un fournisseur d’une architecture commune de contrôle de vol.

Les prochains essais devront démontrer que cette architecture reste fiable en dehors des environnements contrôlés de démonstration.

Le Canada commande les 100 premiers UAS tactiques

L’étape franchie par V-Cortex intervient après l’attribution en septembre d’un marché par le ministère canadien de la Défense nationale.

CanadaBuys répertorie un contrat de 496 001 dollars canadiens attribué à Volatus Aerospace Corp. le 9 septembre pour des UAS à faible coût, comprenant les équipements et le soutien associés. Volatus a ensuite indiqué que la commande initiale porte sur 100 systèmes ISR tactiques dans le cadre d’un accord de cinq ans donnant au Canada la possibilité d’acheter 4 900 systèmes supplémentaires.

Si toutes les options étaient exercées, le programme d’acquisition pourrait atteindre 5 000 systèmes pour une valeur maximale d’environ 25 millions de dollars canadiens, selon l’entreprise. Les livraisons des premiers systèmes devraient commencer au quatrième trimestre 2026.

La quantité optionnelle reste cependant un point important. L’accord ne doit pas être interprété comme une commande ferme de 5 000 drones. Les 100 premiers systèmes constituent l’engagement d’achat immédiat, tandis que les quantités supplémentaires restent à la discrétion du gouvernement canadien.

Volatus s’est également qualifiée en août pour la Defence Drone Initiative Marketplace du Canada, ce qui donne à l’entreprise accès à un cadre d’approvisionnement couvrant les systèmes sans pilote et autonomes, les technologies de lutte contre les UAS, les communications, l’intégration, les essais, la formation et d’autres capacités associées. Le registre officiel des marchés publics canadiens cite Volatus parmi les fournisseurs qualifiés dans le cadre d’un accord de 59 mois courant jusqu’en juillet 2031.

La production sera le prochain test

Volatus fait désormais face à deux défis distincts : prouver les capacités techniques de V-Cortex et démontrer sa capacité à fabriquer et livrer des aéronefs à grande échelle.

Le second défi ne doit pas être sous-estimé.

Le chiffre d’affaires de l’entreprise au deuxième trimestre 2026 s’est établi à 8,42 millions de dollars canadiens, contre 10,59 millions un an plus tôt. Volatus a indiqué qu’environ 2,6 millions de dollars canadiens de revenus attendus dans le secteur de la défense avaient été retardés en raison de perturbations persistantes de la chaîne d’approvisionnement. L’entreprise a enregistré une perte d’EBITDA ajusté de 4,35 millions de dollars canadiens au deuxième trimestre.

Son bilan est toutefois nettement plus solide qu’auparavant, avec environ 59,2 millions de dollars canadiens de trésorerie au 30 juin 2026. Le chiffre d’affaires du premier semestre a atteint 14,05 millions de dollars canadiens, dont 6,22 millions issus des produits et équipements et 7,83 millions des services et de la formation.

Ces chiffres expliquent pourquoi les prochaines livraisons au Canada sont importantes.

Une démonstration de vol réussie prouve un concept technologique. Produire régulièrement des aéronefs, intégrer cette technologie, respecter les calendriers de livraison militaires et maintenir des marges de production acceptables permet de prouver la viabilité d’un modèle économique.

Pour Volatus, le quatrième trimestre 2026 marquera le début de ce second test.

À propos de Volatus Aerospace

Volatus Aerospace Inc. est une entreprise canadienne des secteurs de l’aérospatiale et de la défense qui fournit des systèmes aériens sans pilote, des solutions de renseignement aérien, des services par drones, de la formation, des équipements et des technologies autonomes au Canada et sur les marchés internationaux.

L’entreprise actuelle est née de la fusion, le 30 août 2024, entre Volatus Aerospace Corp. et Drone Delivery Canada Corp. Le groupe issu de cette opération exerce ses activités au Canada, aux États-Unis, au Royaume-Uni et sur d’autres marchés internationaux.

Volatus a généré 34,2 millions de dollars canadiens de chiffre d’affaires en 2025, soit une hausse de 26 % par rapport aux 27,1 millions enregistrés en 2024. Les revenus issus des produits et équipements ont plus que doublé pour atteindre 16,3 millions de dollars canadiens, tandis que les services ont généré 17,9 millions. Le bénéfice brut a atteint 11,1 millions de dollars canadiens, soit une marge brute de 32 %.

Au cours des six premiers mois de 2026, l’entreprise a déclaré un chiffre d’affaires de 14,05 millions de dollars canadiens et un bénéfice brut de 4,44 millions, avec environ 35 % des revenus réalisés hors du Canada. Les actions Volatus sont cotées au Canada sous le symbole FLT et aux États-Unis sous le symbole TAKOF.