NASA a attribué à PlanetiQ une extension de contrat dans le cadre de son programme Commercial Smallsat Data Acquisition (CSDA), offrant aux chercheurs gouvernementaux un accès élargi à une nouvelle génération d’observations atmosphériques basées sur des satellites.
L’accord ajoute les données de GNSS Polarimetric Radio Occultation (GNSS PRO) à haut rapport signal sur bruit (SNR) de PlanetiQ à l’offre de données déjà fournie à la NASA, qui comprend l’occultation radio GNSS, la scintillation ionosphérique et les mesures du contenu électronique total.
Cette décision représente une nouvelle étape dans la stratégie croissante de la NASA visant à exploiter les constellations de satellites commerciales afin d’accélérer la recherche scientifique tout en réduisant le coût d’acquisition des données d’observation de la Terre.
Les données GNSS PRO visent la surveillance des précipitations
L’occultation radio GNSS traditionnelle est devenue l’une des sources de données les plus précieuses pour les prévisions météorologiques modernes, fournissant des mesures très précises de la température atmosphérique, de la pression et de l’humidité à l’échelle mondiale.
La nouvelle capacité d’occultation radio polarimétrique GNSS va encore plus loin.
En mesurant les différences subtiles entre les signaux GNSS polarisés horizontalement et verticalement lorsqu’ils traversent des systèmes de précipitations, les chercheurs peuvent extraire des informations sur la pluie, la neige, les couches de fusion et la structure des tempêtes. Cette technique permet aux scientifiques d’observer des caractéristiques que l’occultation radio GNSS conventionnelle ne peut pas détecter directement.
Cette technologie est particulièrement intéressante car elle peut fournir des observations mondiales des précipitations sans dépendre de vastes réseaux coûteux de radars météorologiques ou de satellites spécialisés dans les précipitations.
Un SNR plus élevé améliore la détection météorologique
L’un des principaux atouts du système de PlanetiQ réside dans l’utilisation de récepteurs GNSS à haut rapport signal sur bruit.
Une meilleure qualité du signal augmente la sensibilité aux faibles effets atmosphériques, facilitant l’identification des précipitations légères, des structures nuageuses fines et des caractéristiques subtiles des tempêtes qui pourraient autrement passer inaperçues.
Pour les agences météorologiques et les chercheurs en climatologie, cela pourrait améliorer la compréhension du développement et de l’évolution des précipitations, en particulier dans les régions éloignées où les observations conventionnelles restent limitées.
Alors que les modèles de prévision dépendent de plus en plus de grands volumes de données d’observation de haute qualité, les mesures supplémentaires basées sur le GNSS pourraient contribuer à améliorer à la fois les prévisions météorologiques à court terme et les analyses climatiques à long terme.
Les données satellitaires commerciales gagnent en importance
La décision de la NASA met également en évidence une tendance plus large au sein des programmes d’observation de la Terre.
Les agences gouvernementales achètent de plus en plus de données auprès d’opérateurs satellitaires privés plutôt que de s’appuyer exclusivement sur des satellites appartenant à l’État. Cette approche permet de tester rapidement de nouvelles technologies tout en réduisant les délais de développement et les coûts d’infrastructure.
Pour des entreprises comme PlanetiQ, la participation à des programmes tels que le CSDA offre l’opportunité de démontrer la valeur opérationnelle de leurs technologies avant une adoption plus large par les institutions de recherche et les organismes de prévision météorologique.
La demande croissante en intelligence météorologique commerciale a déjà stimulé des investissements importants dans le secteur des données satellitaires, notamment dans les domaines de la surveillance atmosphérique, de l’analyse climatique et de la prévision des phénomènes météorologiques extrêmes.
Un potentiel au-delà des prévisions météorologiques
Bien que la météorologie demeure l’application principale, les capacités d’observation GNSS plus larges offertes par PlanetiQ s’étendent à plusieurs autres domaines stratégiques.
Les ensembles de données de l’entreprise sont également utilisés pour la surveillance ionosphérique, la recherche sur la météorologie spatiale, la caractérisation de l’environnement radiofréquence et la détection d’événements d’interférence GNSS tels que le brouillage (jamming) et l’usurpation de signal (spoofing).
À mesure que les gouvernements et les organisations de défense accordent une importance croissante aux systèmes résilients de positionnement, de navigation et de synchronisation temporelle, ces applications supplémentaires pourraient devenir de plus en plus précieuses.
D’un point de vue technique, GNSS PRO pourrait s’imposer comme l’une des évolutions les plus intéressantes de la météorologie satellitaire au cours de la prochaine décennie. Si les chercheurs parviennent à extraire de manière fiable les caractéristiques des précipitations à partir des signaux de navigation déjà transmis par les constellations GNSS existantes, l’industrie pourrait disposer d’une méthode relativement économique pour étendre la surveillance mondiale des précipitations sans lancer de satellites radar météorologiques dédiés.
À propos de PlanetiQ
Fondée en 2015, PlanetiQ est une entreprise américaine de technologies spatiales spécialisée dans les données commerciales d’occultation radio GNSS. L’entreprise conçoit, construit et exploite sa propre constellation de satellites de surveillance atmosphérique. En 2025, PlanetiQ a obtenu le plus important contrat commercial de données météorologiques jamais attribué par la NOAA, d’une valeur de 24,3 millions de dollars. Ses produits de données sont utilisés par des agences météorologiques, des organismes gouvernementaux, des clients du secteur de la défense et des chercheurs en climatologie dans le monde entier.




