L’évolution des réseaux mobiles a commencé avec la 3G connectant les personnes entre elles, puis la 4G a relié les personnes à l’information. Aujourd’hui, la 5G suit une trajectoire différente : elle est conçue dès le départ pour connecter tout. Des milliards d’appareils connectés nécessitent des systèmes de communication capables de gérer la vitesse, la latence et les coûts sans compromis. Et c’est là que cela devient intéressant pour le positionnement : cette même infrastructure de connectivité fait bien plus que simplement transporter des données.
Le positionnement était autrefois une fonctionnalité secondaire dans les réseaux radio, ajoutée après coup. Avec la 5G, ce paradigme est inversé. Le système traite le positionnement comme un composant fondamental plutôt que comme une fonctionnalité supplémentaire. Concrètement, cela signifie que les services basés sur la localisation peuvent atteindre des niveaux de précision allant de quelques mètres jusqu’au submétrique, en particulier dans des environnements où le GNSS rencontre traditionnellement des difficultés.
Technologie de positionnement 5G
Plusieurs technologies se combinent dans les réseaux 5G pour améliorer la précision du positionnement au-delà de ce que les générations mobiles précédentes pouvaient offrir. La large bande passante joue un rôle clé, car elle permet une meilleure résolution temporelle pour le calcul des positions. Les nouvelles bandes de fréquences en ondes millimétriques prennent en charge cette large bande passante, ce qui permet d’affiner les mesures temporelles.
Il y a aussi les réseaux d’antennes massifs. Ceux-ci permettent aux stations de base de déterminer avec précision la Direction d’Arrivée (DoA). En combinant cela avec les mesures de Temps d’Arrivée (ToA), le réseau peut localiser les appareils avec précision lorsqu’une ligne de visée est disponible. Le résultat ? Une précision métrique voire submétrique réellement exploitable pour les applications nécessitant un positionnement précis.
Les environnements urbains posent des défis particuliers pour le GNSS. Les bâtiments ne se contentent pas de bloquer les signaux satellites, ils les réfléchissent également, créant des interférences multipath. L’infrastructure urbaine dense réduit le nombre de satellites visibles par le récepteur. Dans ces conditions, les récepteurs GNSS ne peuvent pas maintenir la qualité de signal nécessaire. En revanche, les réseaux 5G fonctionnent précisément dans ces environnements, fournissant des données de positionnement là où le GNSS atteint ses limites.

Systèmes hybrides GNSS/5G
Lorsque l’on combine GNSS et 5G, on obtient des systèmes de positionnement qui exploitent les points forts de chaque technologie. Le GNSS offre une couverture mondiale et peut atteindre une précision centimétrique en environnement ouvert, notamment grâce au RTK. La 5G compense dans les canyons urbains, les environnements intérieurs et partout où les signaux satellites ne sont pas disponibles.
Ces systèmes hybrides deviennent la base des moteurs de localisation pour les applications LBS et IoT. Ils sont capables de basculer intelligemment entre GNSS et 5G en fonction des signaux disponibles et des conditions environnementales. Signal GNSS dégradé ? La 5G maintient le positionnement. Les deux signaux disponibles ? Le système fusionne les mesures pour améliorer à la fois la précision et la fiabilité.
La composante 5G résout plusieurs limitations des systèmes GNSS seuls :
- La visibilité du ciel est indispensable pour le GNSS, ce qui est difficile en milieu urbain.
- Les bâtiments créent des zones mortes où le positionnement disparaît.
- Le positionnement en intérieur avec GNSS est impraticable.
- Les zones urbaines denses amplifient les erreurs de multitrajet.
Le positionnement 5G comble ces lacunes grâce à une infrastructure terrestre indépendante de la visibilité satellite. La technologie transmet les données de position via des signaux cellulaires capables de pénétrer les bâtiments et de fonctionner dans des environnements inaccessibles au GNSS.
Applications dans le transport et l’automatisation
Les systèmes de transport nécessitent à la fois connectivité et positionnement lorsque l’automatisation entre en jeu. Les services critiques de mission en 5G sont conçus pour des applications où la fiabilité élevée, la faible latence et la sécurité sont essentielles. Ces services rendent possibles les communications Véhicule à Véhicule (V2V) et Véhicule à Infrastructure (V2I), indispensables pour les systèmes de sécurité en temps réel.
Les véhicules autonomes et les systèmes de transport intelligents reposent fortement sur la précision fournie par les systèmes hybrides GNSS/5G. Les véhicules assistés doivent échanger des données avec l’infrastructure en temps réel. Une erreur de positionnement peut entraîner des défaillances de sécurité.
Le secteur automobile évolue rapidement vers davantage d’automatisation et d’autonomie, ce qui nécessite une connectivité dans les ports, les aéroports, les réseaux ferroviaires et partout où la logistique rencontre la digitalisation.
Concrètement, cela implique :
- Des échanges de données massifs et en temps réel entre véhicules et infrastructures
- Un flux d’informations continu à travers l’ensemble des réseaux de transport sans latence
- La synchronisation de données issues de multiples domaines (transport, administration publique, services d’urgence, météo)
- Le fonctionnement à grande échelle d’appareils connectés via des protocoles MIoT
La capacité MIoT de la 5G permet de gérer le volume massif d’appareils connectés nécessaires au transport automatisé, tout en maintenant une faible consommation énergétique et en réduisant les coûts de déploiement, avec une couverture étendue.
Le positionnement coopératif devient possible lorsque les véhicules, les infrastructures et les appareils mobiles partagent leurs données de localisation via la 5G. Cette approche collective permet d’atteindre une précision supérieure à celle qu’un seul appareil pourrait obtenir avec le GNSS seul. Toutefois, cela nécessite une synchronisation temporelle précise, fournie par l’infrastructure de synchronisation de la 5G.
Implémentation technique
Plusieurs mécanismes techniques permettent au positionnement 5G de fonctionner en complément du GNSS. Les réseaux utilisent des protocoles avancés de synchronisation temporelle capables d’atteindre une précision à l’échelle de la nanoseconde. Les stations de base, dotées de références temporelles précises, créent un réseau de points connus que les appareils utilisent pour les calculs de trilatération.
Les fréquences en ondes millimétriques permettent des largeurs de bande de plusieurs centaines de mégahertz. Ce niveau de bande passante se traduit directement par une résolution temporelle à l’échelle de la nanoseconde, correspondant à une précision de positionnement inférieure à un mètre. Les fréquences porteuses plus élevées permettent également des éléments d’antenne plus petits, rendant les réseaux massifs MIMO pratiques pour l’estimation de direction.
La densification du réseau 5G implique un plus grand nombre de stations de base dans les zones urbaines, offrant davantage de points de référence pour le calcul des positions. Cette densité améliore la géométrie de trilatération et permet de réduire les erreurs de précision qui affectent généralement le GNSS dans les environnements urbains.
La 5G comble les lacunes du GNSS dans les environnements complexes et, ensemble, elles créent un positionnement continu et de haute précision, base essentielle des systèmes autonomes et du transport.




