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Trimble lance les récepteurs GNSS Maxwell 8 avec JammerGuard et une architecture prête pour les systèmes LEO

Trimble a présenté une nouvelle génération de récepteurs GNSS OEM de haute précision reposant sur son architecture Maxwell 8, avec une protection renforcée contre le brouillage et l’usurpation de signal, une puissance de calcul nettement supérieure, une meilleure résistance aux vibrations et un matériel conçu en tenant compte des futurs signaux de navigation provenant de constellations en orbite terrestre basse.

La nouvelle gamme comprend les Trimble BD1090, BD1092, BD1092i et BX1092i. Annoncés le 10 septembre 2026, ces récepteurs s’adressent aux fabricants OEM et aux intégrateurs de systèmes développant des solutions de positionnement pour la topographie géospatiale, les opérations maritimes, la construction, l’exploitation minière, les équipements autonomes et d’autres applications où une perte de disponibilité du GNSS peut rapidement devenir un problème opérationnel.

Ce lancement est particulièrement intéressant car Trimble ne considère plus la résistance aux interférences comme une fonction GNSS secondaire. Avec Maxwell 8, la résilience face aux interférences RF volontaires ou accidentelles devient l’un des éléments centraux de l’architecture du récepteur.

Architecture GNSS Maxwell 8

Au niveau matériel, Maxwell 8 introduit un processeur quadricœur associé à de la mémoire DDR4. Trimble indique que la plateforme offre une puissance de traitement quatre fois supérieure à celle de la génération précédente, donnant au récepteur une marge nettement plus importante pour les calculs GNSS, l’intégration inertielle, la fusion de capteurs, la surveillance des signaux et l’atténuation des interférences.

Cette capacité de traitement supplémentaire est importante car les récepteurs GNSS haut de gamme modernes doivent effectuer bien plus que le simple calcul de coordonnées à partir de mesures satellitaires.

Un récepteur peut suivre simultanément plusieurs fréquences provenant de différentes constellations, exécuter des algorithmes de positionnement RTK ou de type PPP, analyser l’environnement RF, intégrer les données d’une IMU, estimer l’orientation, détecter des signaux satellitaires suspects et gérer plusieurs interfaces de communication.

Maxwell 8 élargit également la capacité de suivi « all-in-view » de Trimble, permettant une réception simultanée multifréquence et multiconstellation sur un nombre plus important de signaux disponibles. La gamme actuelle de récepteurs est décrite comme quadri-bande, Trimble indiquant une prise en charge autour des groupes de fréquences L1, L2, L5 et E6.

JammerGuard cible les interférences RF

La nouveauté la plus importante est Trimble JammerGuard.

Au lieu de s’appuyer uniquement sur un filtrage notch conventionnel contre un nombre limité de sources d’interférences, Trimble affirme que JammerGuard surveille en permanence l’environnement RF et atténue automatiquement les signaux indésirables sur l’ensemble du spectre pris en charge par le récepteur.

L’entreprise décrit le système comme capable de réagir de manière autonome à un large éventail de scénarios de brouillage. Maxwell 8 comprend également un ensemble d’outils de surveillance et d’analyse du spectre RF pouvant aider les intégrateurs à identifier les interférences générées soit par des sources externes, soit par l’électronique installée directement dans la machine hôte.

Cette distinction est importante.

Tous les problèmes d’interférences GNSS ne proviennent pas d’un brouilleur intentionnel. Des convertisseurs DC/DC mal blindés, des radios, écrans, ordinateurs, moteurs et autres équipements électroniques intégrés dans une machine peuvent augmenter le niveau de bruit RF local ou générer des interférences à bande étroite.

Pour les développeurs OEM, pouvoir visualiser et isoler ces sources directement via le récepteur peut être presque aussi utile que la protection contre un brouillage délibéré.

Protection multicouche contre le spoofing

Trimble combine également JammerGuard avec plusieurs technologies existantes liées à l’intégrité des signaux, plutôt que de dépendre d’un seul mécanisme de protection.

RTX-NMA fournit des fonctions d’authentification des signaux satellitaires destinées à aider à identifier les signaux falsifiés, tandis que Galileo OSNMA peut authentifier les données de navigation transmises par les satellites Galileo.

Trimble IonoGuard répond à un autre problème : les perturbations ionosphériques susceptibles de dégrader le positionnement GNSS même lorsqu’aucune interférence intentionnelle n’est présente.

ProPoint reste le moteur de positionnement chargé de calculer des solutions de haute précision dans des conditions difficiles de géométrie satellitaire et de qualité de signal, tandis qu’EVEREST Plus est utilisé pour réduire les erreurs de trajets multiples causées par les réflexions des signaux GNSS.

Pris ensemble, ces systèmes permettent à Trimble de construire plusieurs couches de protection autour du moteur de positionnement :

atténuation des interférences RF, authentification des signaux, gestion des perturbations ionosphériques et réduction des effets multipath.

Cette approche multicouche est techniquement plus intéressante que le seul nom JammerGuard.

BD1090 : GNSS à antenne unique

Le BD1090 constitue le point d’entrée dans la famille Maxwell 8.

Il s’agit d’un module récepteur GNSS quadri-bande à antenne unique mesurant environ 100 x 60 x 11,6 mm. Trimble annonce un positionnement de précision centimétrique avec une fréquence de sortie de position pouvant atteindre 50 Hz.

Le récepteur prend en charge le positionnement Trimble ProPoint ainsi que JammerGuard, IonoGuard, RTX-NMA et l’authentification Galileo OSNMA.

Les interfaces disponibles comprennent Ethernet, RS-232, USB et CAN, tandis que l’Ethernet intégré permet également la configuration via une interface Web. Le Precision Time Protocol, ou PTP, est pris en charge aux côtés du NTP pour les applications de synchronisation.

Pour les applications de contrôle de machines embarquées nécessitant un positionnement précis mais ne requérant ni cap GNSS direct ni navigation inertielle intégrée, le BD1090 devrait constituer la voie d’intégration Maxwell 8 la plus simple.

Le BD1092 ajoute le cap à double antenne

Le BD1092 adopte une architecture à double antenne.

L’utilisation de deux antennes GNSS permet au récepteur de calculer directement le cap à partir de la position relative des deux antennes. Contrairement au cap déterminé à partir du déplacement du véhicule, le cap à double antenne peut rester disponible même lorsque la machine est immobile.

Cette architecture est particulièrement utile pour les machines, les navires et les plateformes robotiques nécessitant une information d’orientation immédiatement après le démarrage ou lors de déplacements à très faible vitesse.

Trimble conserve les mêmes dimensions compactes de 100 x 60 x 11,6 mm tout en prenant en charge des sorties de position et de cap à haute fréquence. La plateforme peut atteindre une fréquence de mise à jour allant jusqu’à 100 Hz selon la configuration.

Le BD1092i ajoute le GNSS-INS

Le BD1092i est la carte embarquée la plus avancée de la gamme.

Elle associe un GNSS à double antenne à un système de navigation inertielle MEMS intégré. Trimble indique que les capteurs inertiels peuvent supporter des accélérations allant jusqu’à ±8 g et des vitesses angulaires allant jusqu’à ±300 degrés par seconde.

Les mesures GNSS et inertielles sont étroitement couplées, ce qui permet au récepteur de continuer à estimer la position et l’orientation lorsque les signaux satellitaires sont temporairement dégradés ou indisponibles.

La fréquence de sortie peut atteindre 100 Hz, ce qui rend ce module pertinent pour le contrôle dynamique de machines, les plateformes autonomes, les applications maritimes et les systèmes où l’orientation change plus rapidement que ce que peuvent représenter confortablement les sorties GNSS conventionnelles de 10 ou 20 Hz.

Les deux antennes accélèrent également l’initialisation du cap et permettent de déterminer l’orientation lorsque le système est immobile.

Le BX1092i ajoute un boîtier renforcé

Le BX1092i reprend essentiellement le même concept GNSS-INS à double antenne, mais l’intègre dans un boîtier industriel plutôt que sous la forme d’une carte OEM embarquée.

Trimble attribue à l’unité un indice de protection IP67 et fournit des interfaces Ethernet, RS-232, CAN et USB ainsi qu’une prise en charge de la synchronisation PTP. Les débits RS-232 ont été portés jusqu’à 921 600 bauds, et Trimble indique également la disponibilité de pilotes pour ROS 1 et ROS 2.

La compatibilité avec ROS est particulièrement pertinente pour les développeurs de systèmes robotiques et de machines autonomes, car elle réduit le volume d’intégration personnalisée nécessaire pour intégrer des données GNSS et inertielles de haute précision dans les environnements logiciels robotiques.

Meilleures performances sous vibrations

Une autre amélioration moins visible de Maxwell 8 pourrait être particulièrement importante pour les machines agricoles, les engins de chantier et les équipements miniers.

Trimble a remplacé les technologies d’oscillateurs conventionnelles par des oscillateurs MEMS qui, selon l’entreprise, offrent une sensibilité aux vibrations environ dix fois inférieure.

Un récepteur GNSS installé dans un instrument topographique peut fonctionner dans un environnement mécanique relativement contrôlé. Ce n’est pas le cas d’un récepteur monté sur une pelle, un bulldozer, un tracteur, un tombereau minier ou un navire.

Les vibrations continues peuvent affecter la stabilité de l’oscillateur et compliquer le suivi de signaux de haute qualité. Réduire cette sensibilité directement au niveau matériel est donc plus important pour les applications sur machines que ne pourrait le laisser penser la fiche technique.

Maxwell 8 se prépare au GNSS LEO

Trimble a également conçu Maxwell 8 en tenant compte des futurs signaux de positionnement provenant de l’orbite terrestre basse.

L’entreprise mentionne spécifiquement la compatibilité avec les signaux de démonstration de la constellation Pulsar de Xona Space Systems.

Les systèmes de navigation LEO pourraient à terme compléter les constellations GNSS traditionnelles telles que GPS, Galileo, BeiDou et GLONASS.

Comme les satellites LEO évoluent beaucoup plus près de la Terre que les satellites GNSS conventionnels situés en orbite terrestre moyenne, leurs signaux peuvent potentiellement être reçus avec une puissance nettement supérieure. Ils se déplacent également rapidement par rapport à l’utilisateur, produisant une géométrie et une dynamique de signal différentes.

Ces caractéristiques rendent le positionnement LEO particulièrement intéressant dans les environnements où les signaux GNSS conventionnels sont faibles ou vulnérables aux interférences.

Il est toutefois important de distinguer la compatibilité matérielle de la disponibilité opérationnelle. Trimble n’affirme pas que les récepteurs Maxwell 8 peuvent aujourd’hui remplacer le GNSS conventionnel par un service de positionnement LEO mature. Les récepteurs ont été conçus pour que leur architecture puisse prendre en charge des systèmes émergents tels que Xona Pulsar à mesure que ces constellations se développent.

Pourquoi Maxwell 8 est important

L’élément le plus important ici n’est pas simplement le passage d’une génération Maxwell à une autre.

Il s’agit plutôt de l’évolution des menaces auxquelles un récepteur GNSS professionnel doit désormais faire face.

Pendant des décennies, le développement du positionnement haut de gamme s’est principalement concentré sur le suivi d’un plus grand nombre de satellites, l’ajout de fréquences supplémentaires et l’amélioration de la convergence RTK, du rejet des trajets multiples et des algorithmes de positionnement.

Ces problématiques restent importantes, mais les interférences intentionnelles ont modifié les priorités techniques.

Un récepteur peut offrir d’excellentes spécifications de précision centimétrique tout en devenant pratiquement inutilisable si l’environnement RF l’empêche de recevoir des signaux satellitaires fiables.

JammerGuard, RTX-NMA, l’authentification OSNMA et la surveillance du spectre RF ne sont donc plus de simples fonctions supplémentaires sur une fiche technique. Ensemble, elles montrent que la conception des récepteurs GNSS évolue du simple positionnement vers une combinaison de positionnement et de sécurité des signaux.

La puissance de calcul supplémentaire est tout aussi importante.

Le traitement quadricœur et l’augmentation significative de la mémoire donnent à Trimble suffisamment de marge pour exécuter directement dans le récepteur des algorithmes plus complexes de fusion de capteurs et d’analyse des signaux, plutôt que de transférer ces calculs vers un ordinateur externe.

Pour les machines autonomes et les systèmes OEM industriels, cela peut simplifier l’architecture globale tout en réduisant la latence entre la réception du signal, la détection des interférences et la solution finale de navigation.

La capacité LEO doit être considérée avec davantage de prudence. Elle est stratégiquement importante, mais sa valeur immédiate restera limitée tant que les constellations commerciales de positionnement LEO n’auront pas atteint une échelle opérationnelle significative.

JammerGuard et la nouvelle architecture de traitement sont des technologies dont les utilisateurs peuvent bénéficier dès maintenant. La préparation aux systèmes LEO constitue surtout une protection contre l’obsolescence technologique à plus long terme.

Cette combinaison fait de Maxwell 8 moins une simple mise à jour conventionnelle de récepteur qu’une base technologique pour la prochaine génération de matériel de positionnement résilient de Trimble.

À propos de Trimble

Trimble a été fondée en 1978 par Charles Trimble et deux associés et son siège se trouve à Westminster, dans le Colorado. L’entreprise est devenue l’un des pionniers commerciaux du positionnement par satellite et affirme avoir commercialisé en 1984 le premier récepteur GPS commercialement viable au monde.

Aujourd’hui, Trimble, Nasdaq : TRMB, développe des systèmes de positionnement, de modélisation, de connectivité et de gestion des données pour les secteurs de la construction, du géospatial, du transport et d’autres industries connexes.

Trimble a enregistré un chiffre d’affaires de 3,587 milliards de dollars pour l’exercice 2025, dont 2,452 milliards de dollars provenant des abonnements et des services. Le revenu récurrent annualisé a atteint 2,39 milliards de dollars à la fin de 2025 avant de progresser jusqu’à un niveau record de 2,51 milliards de dollars au deuxième trimestre 2026.

L’entreprise indique détenir plus de 1 000 brevets actifs et investir environ 15 % de son chiffre d’affaires dans la recherche et le développement. Son réseau comprend plus de 150 bureaux, sites de production, centres de R&D, plateformes logistiques et centres de service répartis dans plus de 30 pays.