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TrustPoint and NovAtel Prove C-Band Navigation

TrustPoint et NovAtel démontrent que la navigation en bande C peut fonctionner malgré le brouillage GNSS

TrustPoint et NovAtel ont démontré qu’un signal de positionnement en bande C pouvait fonctionner malgré des interférences GNSS, marquant une étape importante vers des systèmes de navigation capables de continuer à fournir des données de positionnement lorsque les signaux conventionnels de navigation par satellite sont dégradés ou indisponibles.

La démonstration a utilisé un récepteur NovAtel amélioré, développé dans le cadre d’un programme du Naval Air Systems Command de l’US Navy. Selon TrustPoint, le récepteur a réussi à acquérir et suivre les signaux en bande C de l’entreprise, puis à générer des informations de positionnement en présence d’interférences GNSS.

Les travaux ont été menés dans le cadre d’un contrat Small Business Innovation Research Phase II piloté par la Naval Air Warfare Center Aircraft Division. TrustPoint et Hexagon, maison mère de NovAtel, présentent cette technologie comme une couche de navigation complémentaire plutôt que comme un remplacement des récepteurs GNSS existants.

Cette distinction pourrait, à terme, être encore plus importante que la démonstration elle-même.

La plupart des services GNSS conventionnels, notamment GPS, Galileo, GLONASS et BeiDou, fonctionnent principalement dans le spectre de la bande L.

Cela crée une vulnérabilité commune. Un brouilleur suffisamment puissant ciblant ces plages de fréquences peut affecter plusieurs constellations de navigation simultanément, même lorsqu’un récepteur est capable de suivre plusieurs systèmes GNSS.

TrustPoint développe son architecture de navigation autour de signaux en bande C transmis depuis l’orbite terrestre basse. L’entreprise a identifié l’allocation de 5010 à 5030 MHz pour le service de radionavigation par satellite comme base de son système GNSS en bande C.

L’utilisation d’une autre plage de fréquences ne rend pas un système de navigation insensible aux interférences. En revanche, la diversité fréquentielle complique considérablement une tentative de déni de navigation, car un attaquant doit également perturber une autre partie du spectre au lieu de simplement accroître les interférences autour des fréquences GNSS traditionnelles.

Associer cette diversité fréquentielle à des satellites en orbite terrestre basse apporte un autre avantage potentiel. Les satellites de navigation LEO évoluent beaucoup plus près de l’utilisateur que les satellites GNSS conventionnels placés en orbite terrestre moyenne, ce qui peut permettre de recevoir des signaux nettement plus puissants.

Intégration dans un récepteur NovAtel

L’un des aspects les plus importants du dernier essai concerne le récepteur.

TrustPoint n’a pas démontré le positionnement en bande C uniquement sur un prototype spécialisé de laboratoire. La capacité de réception du signal a été intégrée à une architecture de récepteur NovAtel existante.

NovAtel est un fournisseur reconnu de récepteurs GNSS de haute précision, d’antennes, de systèmes inertiels et de technologies antibrouillage utilisés dans la défense, l’aviation, l’agriculture, le maritime, la topographie et les applications autonomes.

L’entreprise indique compter plus de 350 employés, tandis que sa technologie de récepteurs GNSS de référence est utilisée dans des infrastructures aéronautiques nationales aux États-Unis, en Europe, au Japon, en Chine et en Inde.

L’intégration d’un nouveau signal de navigation dans ce type d’écosystème est importante, car les solutions PNT résilientes seront beaucoup plus faciles à déployer si les fabricants peuvent ajouter une capacité en bande C à des architectures GNSS familières, plutôt que d’obliger les opérateurs à installer un système de navigation totalement distinct.

Pour les plateformes militaires en particulier, la taille, le poids, la consommation énergétique, la certification et les coûts d’intégration peuvent être presque aussi importants que les performances brutes de positionnement.

Programme NAVAIR de 1,2 million de dollars

Les travaux actuels font suite à un contrat SBIR Phase II de 1,2 million de dollars attribué à TrustPoint en 2025 par le Naval Air Systems Command de l’US Navy.

Le programme a réuni TrustPoint, Hexagon NovAtel et Hexagon US Federal afin de développer et démontrer une technologie de récepteur compatible avec le GNSS en bande C pour des applications du gouvernement américain.

Lors de l’annonce du contrat, Hexagon avait précisément présenté l’objectif comme la combinaison du service en bande C de TrustPoint avec une technologie avancée de récepteur antibrouillage.

La dernière démonstration en présence d’interférences représente donc davantage qu’un simple test isolé de signal. Elle montre des progrès vers l’objectif initial consistant à intégrer une navigation sur fréquence alternative dans un matériel de réception utilisable sur le terrain.

Bande C et technologie antibrouillage

La bande C présente également des implications intéressantes pour les antennes à diagramme de réception contrôlé, ou CRPA.

Ces systèmes d’antennes utilisent plusieurs éléments et des techniques de traitement du signal pour supprimer les interférences provenant de directions spécifiques. TrustPoint a précédemment indiqué que les systèmes CRPA pouvaient fournir jusqu’à environ 50 dB de suppression des interférences par rapport à des configurations d’antennes conventionnelles.

L’entreprise estime également que les conceptions CRPA en bande C pourraient être de 75 % à 90 % plus petites que des systèmes équivalents en bande L, car les dimensions des antennes diminuent généralement lorsque la fréquence de fonctionnement augmente.

Cela pourrait devenir particulièrement important pour les UAV, les véhicules autonomes et les plateformes militaires de petite taille, sur lesquels les systèmes antibrouillage traditionnels peuvent être difficiles à intégrer.

L’architecture future la plus intéressante pourrait donc combiner plusieurs couches : GNSS multiconstellation conventionnel, navigation inertielle, antennes antibrouillage et service de navigation indépendant en bande C.

Aucune de ces technologies n’a besoin de résoudre à elle seule l’ensemble du problème de la navigation résiliente.

TrustPoint avance vers le PNT en LEO

TrustPoint fait progressivement évoluer le concept de bande C depuis des expérimentations de signal vers une véritable architecture de navigation opérationnelle.

En juin 2025, l’entreprise a lancé son troisième satellite en vol libre, baptisé Time Flies. Selon TrustPoint, le satellite intégrait davantage de puissance et d’autonomie, ainsi que sa charge utile compacte en bande C.

L’entreprise a ensuite démontré une liaison PNT du sol vers l’espace dans le cadre de ses travaux visant à créer un réseau de navigation ne dépendant pas du GPS pour sa propre synchronisation ni pour ses informations orbitales.

Cette indépendance est techniquement importante.

Une constellation de navigation de secours qui dépend toujours du GPS en interne pour la synchronisation ou la détermination d’orbite n’est pas totalement indépendante lorsque le GPS lui-même devient indisponible.

L’architecture à long terme de TrustPoint est conçue pour éliminer ces dépendances.

Prochaine démonstration avec quatre satellites

L’entreprise se prépare désormais à un essai système de plus grande ampleur.

En mai 2026, l’US Space Force a attribué à TrustPoint un contrat Tactical Funding Increase de 4 millions de dollars via SpaceWERX afin de démontrer un système PNT complet et indépendant du GPS.

L’architecture prévue comprend quatre satellites et quatre stations terrestres, avec une trilatération en temps réel entre plusieurs actifs spatiaux et terrestres. Les premiers déploiements sont prévus dans le cadre d’un programme de 12 mois.

Cette prochaine démonstration sera nettement plus importante qu’un simple test de réception d’un signal, car un positionnement réel exige de résoudre simultanément la synchronisation, la mesure des distances, la détermination orbitale et la géométrie.

Une démonstration multissatellite réussie rapprocherait donc TrustPoint de la validation d’un véritable service de navigation, et non plus seulement de composants individuels.

Pourquoi cet essai est important

L’élément le plus important de la démonstration de TrustPoint et NovAtel n’est pas simplement qu’un signal en bande C ait résisté aux interférences.

Les ingénieurs savent déjà que la diversité fréquentielle peut améliorer la résilience.

Le véritable progrès est qu’une nouvelle couche de navigation commence à intégrer des architectures classiques de récepteurs GNSS.

Depuis des décennies, le développement du PNT résilient vise principalement à rendre la réception GPS plus difficile à perturber grâce à de meilleures antennes, au traitement du signal, aux capteurs inertiels et à la détection d’interférences. Ces technologies restent essentielles, mais elles reposent encore largement sur la protection de l’accès à des signaux satellitaires relativement similaires.

TrustPoint aborde le problème différemment en ajoutant une autre bande de fréquences, un autre régime orbital et, à terme, une autre infrastructure de navigation indépendante.

Cela modifie le modèle de résilience.

Au lieu de se demander combien de temps un récepteur peut maintenir le GPS en fonctionnement sous brouillage, l’industrie peut commencer à se demander à quelle vitesse il peut basculer entre plusieurs sources de positionnement véritablement indépendantes.

Pour les véhicules autonomes, les UAV et les plateformes de défense, cette approche constitue probablement une solution plus évolutive à long terme.

La dernière démonstration ne prouve pas encore que la navigation commerciale en bande C soit prête pour un déploiement mondial. La couverture, la densité satellitaire, le coût des récepteurs, la conception des antennes et l’intégration à grande échelle doivent encore être démontrés.

Mais l’intégration du signal dans un récepteur NovAtel éprouvé et la génération de données de positionnement malgré les interférences GNSS rapprochent encore la navigation en bande C d’un passage de la recherche expérimentale PNT à des équipements réellement déployables.

À propos de TrustPoint

TrustPoint est une entreprise américaine spécialisée dans le positionnement, la navigation et la synchronisation qui développe un système de navigation LEO indépendant du GPS fondé sur des signaux en bande C. Son objectif est de proposer une alternative résiliente ou une solution de secours au GNSS conventionnel pour la défense, les systèmes autonomes, l’aviation et les infrastructures critiques. L’entreprise a déjà lancé trois satellites de démonstration en vol libre et se prépare à un essai opérationnel de plus grande ampleur.

Parmi les principaux chiffres figurent l’allocation de bande C de 5010 à 5030 MHz, un contrat SBIR Phase II de 1,2 million de dollars de l’US Navy pour le développement de récepteurs avec NovAtel, ainsi qu’un financement TACFI de 4 millions de dollars de l’US Space Force annoncé en 2026. La prochaine grande démonstration devrait utiliser quatre satellites et quatre stations terrestres.

À propos de NovAtel

NovAtel est une entreprise canadienne spécialisée dans les récepteurs GNSS de haute précision, les antennes, les systèmes de navigation inertielle et les technologies antibrouillage. Fondée en 1978 et basée à Calgary, elle est devenue l’un des fournisseurs établis de matériel de positionnement pour la topographie, l’agriculture, l’aérospatiale, la défense et les systèmes autonomes.

NovAtel fait partie de Hexagon, un groupe technologique mondial comptant environ 24 500 employés et ayant réalisé environ 5,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires net en 2025. NovAtel elle-même emploie plus de 350 personnes, et ses technologies de positionnement sont utilisées dans d’importants projets d’infrastructure aéronautique et GNSS à travers le monde.