SpaceX a déposé une demande auprès de la Federal Communications Commission afin d’obtenir l’autorisation de déployer une constellation de satellites en orbite terrestre basse conçue pour fonctionner comme un centre de données orbital. Selon le dossier soumis le 30 janvier, le système proposé pourrait comprendre jusqu’à un million de satellites, ce qui en ferait la plus grande constellation satellitaire jamais formellement proposée.
Les satellites opéreraient à des altitudes comprises entre 500 et 2 000 kilomètres, en combinant des orbites inclinées à 30 degrés et des orbites héliosynchrones. SpaceX indique que ces régimes orbitaux visent à maximiser l’exposition au rayonnement solaire, permettant une production d’énergie solaire continue pour alimenter les charges de calcul embarquées.
Les centres de données orbitaux présentés comme une alternative aux infrastructures d’IA terrestres
Dans sa soumission à la FCC, SpaceX affirme que l’informatique spatiale pourrait répondre aux contraintes croissantes auxquelles font face les centres de données terrestres, notamment la hausse des coûts de l’électricité, les limites des réseaux électriques et les défis liés à l’utilisation des sols. Les satellites placés sur des orbites héliosynchrones plus élevées resteraient exposés au soleil pendant plus de 99 % de chaque orbite, soutenant des charges de calcul continues, tandis que les satellites à plus faible inclinaison seraient utilisés pour gérer la demande variable ou les pics de charge.
L’entreprise présente le système comme une plateforme à long terme destinée à des charges de travail d’intelligence artificielle à grande échelle, affirmant que l’énergie solaire quasi constante et l’absence d’infrastructures de refroidissement traditionnelles pourraient réduire les coûts d’exploitation par rapport aux installations terrestres. Aucun chiffre de performance spécifique, tel que la capacité de calcul, la puissance disponible ou la masse des satellites, n’a été divulgué dans le dossier.
Liaisons optiques intersatellites et communications de secours en bande Ka
La constellation proposée s’appuierait principalement sur des liaisons optiques intersatellites pour acheminer les données entre les engins spatiaux et se connecter au réseau Starlink existant pour la transmission vers les stations au sol. SpaceX décrit cette architecture comme essentielle pour permettre le calcul distribué à grande échelle en orbite.
Les fréquences radio en bande Ka seraient utilisées uniquement pour les fonctions de télémétrie, de suivi et de commande. SpaceX a souligné que les opérations en bande Ka seraient menées sans protection contre les interférences et a demandé une dérogation aux étapes de déploiement standard de la FCC, qui exigent généralement le déploiement partiel de la constellation dans un délai de six ans et le déploiement complet dans un délai de neuf ans.
Contexte réglementaire et comparaison avec d’autres projets de méga-constellations
En cas d’approbation, la proposition de SpaceX dépasserait de loin toutes les précédentes demandes de constellations. La Chine a récemment soumis à l’Union internationale des télécommunications des projets de systèmes satellitaires totalisant près de 200 000 satellites, tandis que des dépôts antérieurs du Rwanda en 2021 faisaient référence à des systèmes dépassant 300 000 satellites, liés à des concepts qui n’ont jamais été déployés.
SpaceX n’a pas fourni de calendrier de déploiement ni d’estimation des coûts, et n’a pas précisé à quelle vitesse les satellites seraient lancés ou activés.
Le lanceur Starship au cœur de la stratégie de déploiement
Le dossier met en avant la dépendance de SpaceX à son système de lancement lourd Starship pour déployer à la fois les satellites Starlink de nouvelle génération et les engins spatiaux proposés pour les centres de données orbitaux. L’entreprise soutient que la capacité de charge utile prévue de Starship est un facteur clé permettant la mise en place d’une infrastructure de calcul à grande échelle en orbite.
SpaceX suggère également que la capacité de calcul orbitale pourrait à terme dépasser la consommation totale d’électricité des États-Unis, sans nécessiter une expansion majeure des réseaux électriques terrestres. Aucune validation indépendante ni ventilation chiffrée n’a été fournie pour étayer cette affirmation.
Accent croissant sur l’IA et potentielles restructurations d’entreprise
L’intérêt pour les centres de données orbitaux s’inscrit dans le prolongement de déclarations récentes de SpaceX et de son directeur général, Elon Musk, concernant la croissance rapide de la demande en capacités de calcul pour l’IA. Des médias ont établi un lien entre cette demande et la possible introduction en bourse de SpaceX, ainsi que d’éventuelles combinaisons d’entreprises impliquant xAI ou Tesla, qui investissent toutes deux massivement dans les systèmes d’IA.
Aperçu de SpaceX et chiffres clés
Fondée en 2002, SpaceX a lancé plus de 5 000 satellites Starlink en orbite au début de 2026 et mène régulièrement des missions orbitales et d’exploration lointaine pour des clients commerciaux, gouvernementaux et scientifiques. L’entreprise exploite les lanceurs Falcon 9 et Falcon Heavy et poursuit les essais en vol de Starship. SpaceX reste une société privée, avec un rythme annuel de lancements rapporté dépassant 90 missions orbitales ces dernières années.




